mardi 30 avril 2013

Une passion très passionnante

Si comme moi, début 2000, vous avez été un amoureux du New Jersey, des « protections » commerçantes et des danseuses à gros lolos, difficile de ne pas avoir un frisson qui vous parcourt l’échine quand Emmanuel Burdeau revient brièvement et sans emphase sur la dernière image de la série The Sopranos. Une fin tout juste possible. Un écran noir. Ainsi se finissait ce qui reste aujourd’hui comme la plus grande série de tous les temps. Il faudrait bien plus d’un ouvrage pour aborder la complexité de l’œuvre de David Chase. Et pourtant avec ses 97 pages, Burdeau raconte l’essentiel. Dans un style de haut vol mais accessible,, traduisez qui évite la pédanterie de certains critiques parisiens, il convoque tout ce qui a fait le succès de la série d’HBO au tournant des années 2000 et nous parle de la série en alternant propos généraux liés au contexte sociologique ou détail d’un dialogue d’une scène. Rien n’est exhaustif mais plutôt bien renseigné. Pas de guide des épisodes. Pas de listes des musiques – pourtant géniales – qui peupleront le générique de fin pendant 86 épisodes et autant d’heures que compte la série, pas d’arbres généalogiques de la famille Sopranos. Burdeau n’est pas là pour faire de la page. Au contraire. Il signe un livre très beau. Compact et souple. Un livre à glisser dans un sac à dos ou à déposer sur son bureau. Emmanuel Burdeau inaugure là, un type de livre qu’on aimerait voir plus souvent s’agissant des séries télé. Plus essai que guide de fan, cette passion est aussi une voie médiane entre ceux qui veulent voir les séries prendre le dessus ( ?) sur l’éternel cinématographe et ceux (y en a-t-il encore ?) qui ne veulent pas voir que le récit sériel s’est créé une mythologie ces dernières décennies. Rien que pour le passage où l’auteur imagine David Chase tentant d’expliquer aux acteurs qu’il supprime leurs personnages de la série, ce livre vaut le coup. Emmanuel Burdeau. La passion de Tony Soprano. Editions Capricci. Paris. 2010. 97p.

1 commentaire:

  1. cela donne envie d'acheter le livre.
    j'irai donc chez mon libraire.
    Merci E.

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